Présidente de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée Nationale
Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées
Députée d'Indre-et-Loire

03 Fév

Le Brexit montre ses conséquences négatives – questions pressantes à Michel Barnier

Catégories : Commission des Affaires Européennes

Ce soir, Michel Barnier, Chef de la négociation avec le Royaume-Uni, nous présentera l’état actuel des discussions post-Brexit entre la Commission européenne et le Gouvernement britannique. Cette rencontre nous donne l’occasion de l’interroger sur les nombreux sujets qui restent en suspens à propos des futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

En effet, le mois de janvier nous a montré les premières difficultés économiques qui résultent de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Les entreprises des deux côtés de la Manche sont confrontées à un ralentissement de leurs chaînes d’approvisionnement à cause des contrôles aux frontières. La production du vaccin d’AstraZeneca est également affectée par le Brexit, car le Gouvernement britannique refuse que les sites du laboratoire au Royaume-Uni puissent être utilisés pour la production de vaccins au sein de l’UE. En outre, nos pêcheurs s’inquiètent toujours pour l’avenir puisque leurs licences de pêche dans les eaux britanniques ne sont que provisoires.

En même temps, plusieurs incertitudes persistent au niveau institutionnel. Le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de prolonger le délai d’application provisoire de l’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne au-delà du 28 février. Les parlementaires ont besoin de plus de temps pour pouvoir ratifier a posteriori l’accord post-Brexit, qui est entré en vigueur sans leur consentement le 1er janvier 2021.

De plus, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen continuent d’échanger sur le mécanisme d’allocation de la réserve d’ajustement au Brexit. Ce fonds spécial doit combler les conséquences négatives du Brexit dans les États membres. Or, les moyens de ce fonds sont, pour le moment, répartis de manière inéquitable. Alors que le Danemark profitera d’un soutien de 147,5 milliards d’euros, le Portugal n’obtiendra que 3 euros !

Je me réjouis donc de pouvoir poser plusieurs questions à Michel Barnier, notamment sur les garanties offertes par le Royaume-Uni de ne pas pratiquer une concurrence déloyale à nos portes et sur un futur accord de pêche entre notre Union et le Royaume-Uni.

Nous avons besoin de continuité dans nos relations bilatérales, mais celle-ci ne peut se faire au détriment des intérêts de l’Union européenne !

Publié le 03/02/2021
Sabine THILLAYE