Présidente de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée Nationale
Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées
Députée d'Indre-et-Loire

27 Mar

Du 13/03 au 27/03 – Examen du projet de loi de programmation militaire LPM 2019-2025

Catégories : Commission Défense et forces armées

Le projet de Loi de programmation militaire (LPM) porté par la Ministre des Armées Florence PARLY fixe les priorités opérationnelles et les choix majeurs en matière d’équipements et d’effectifs pour les armées pour la période 2019-2025. Il traduit dans la durée l’engagement de la nation en faveur de sa défense, à la suite de la revue stratégique présentée en octobre 2017. L’objectif fixé par le Président de la République, de disposer de la « première armée d’Europe et deuxième armée du monde libre » en 2030, est essentiel pour construire une véritable autonomie stratégique européenne. Cet objectif sous-tend « l’Ambition 2030 », qui consiste en un modèle d’armée « complet et équilibré » face aux défis actuels et à venir, et ouvert à la coopération européenne.

Quatre grands objectifs président à ce projet de LPM :

  • Améliorer le fonctionnement des armées et la vie des plus de 270 000 civils et militaires qui composent notre force
  • Renouveler les équipements vieillissants pour l’ensemble des armées
  • Garantir notre autonomie stratégique tout en s’appuyant sur la coopération avec nos alliés européens
  • Miser sur l’innovation pour répondre aux défis de demain.

Cette ambition est permise par une hausse historique du budget des armées : + 1,8 milliards d’euros en 2018 et + 1,7 milliards chaque année jusqu’en 2022. Au cours du quinquennat, les moyens des armées augmenteront de 30 milliards d’euros par rapport aux deux quinquennats précédents. Le budget des armées représentera 2 % du PIB d’ici 2025, soit 50 milliards d’euros par an. Cette trajectoire importe d’autant plus que le ministère des Armées est le premier investisseur de l’Etat, faisant vivre un tissu industriel représentant environ 200 000 emplois et 4 000 entreprises.

Nous avons examiné le projet de Loi de programmation militaire en commission de la Défense, saisie au fond, en tenant compte des contributions des commissions saisies pour avis, les commissions des Affaires étrangères, des finances et des lois.

J’étais mobilisée sur ce texte majeur de la législature, notamment sur l’enjeu clé des coopérations européennes, à la fois capacitaires et opérationnelles. Penser une politique de Défense à l’échelle européenne, c’est contribuer activement à la création et au renforcement de solidarités en matière de coopérations industrielles et opérationnelles, et à la mise en commun des capacités militaires.

J’ai notamment insisté sur l’importance de prendre en compte la multiplicité des formes de coopérations, bilatérales avec nos partenaires notamment allemands, britanniques et américains, en réponse à la diversité des contextes géopolitiques et politiques dans lesquels l’action de la France s’inscrit. Ces coopérations sont également européennes à travers la Coopération structurée permanente établie en décembre 2017, et internationales.

Penser une politique de Défense à l’échelle européenne, c’est rassembler autour de projets concrets, articulés dans l’Initiative européenne d’intervention que porte le Président de la République. Ce projet vise à favoriser les échanges et l’accueil de soldats européens y compris dans les bases avancées.

Dans le domaine industriel, les coopérations se feront à chaque fois que des intérêts de souveraineté ne seront pas en jeu. Par exemple, un drone MALE sera développé – et livré – après un partenariat avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Le remplaçant du char Leclerc sera développé avec l’Allemagne (programme MGCS). Les nouveaux navires ravitailleurs seront franco-italiens (programme FLOTLOG). J’ai souhaité rappeler combien le maintien et la compétitivité de la base industrielle et technologique de défense constitue un objectif prioritaire pour assurer l’autonomie stratégique nationale et européenne, et assurer également le maintien des emplois et compétences.

Pour pouvoir avancer de manière efficace en matière de coopération industrielle et technologique, il importe de ménager des capacités d’exportation pour les Etats et industriels concernés, afin d’assurer la solidité et la durabilité du modèle économique de ces coopérations pour l’ensemble des acteurs.

Je me félicite de l’adoption des amendements au projet de Loi de programmation militaire que j’ai déposés en ce sens avec notamment le soutien des députés de la majorité.

A la suite des débats en commission, nous avons adopté le projet de loi de programmation militaire en séance publique le jeudi 22 mars dans la nuit, avant un vote solennel en séance publique le 27 mars. Le texte va désormais faire l’objet d’un examen au Sénat, avant de trouver un compromis le cas échéant entre les deux chambres.

Publié le 27/03/2018
Sabine THILLAYE