Présidente de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée Nationale
Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées
Députée d'Indre-et-Loire

10 Déc

Opération Barkhane, difficile mission en vue d’une stabilisation de la région

Catégories : Commission Défense et forces armées

L’opération Barkhane, menée au Sahel et au Sahara contre les groupes armés djihadistes de la région, se poursuit. Forte de 600 hommes supplémentaires depuis février dernier et d’un approvisionnement régulier en matériel, la mission a engrangé des succès notables ces derniers mois notamment dans la zone des 3 frontières (Mali, Burkina Faso, Niger)

Dernièrement, les efforts se sont concentrés sur l’est du Mali contre le Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans (RVIM), une organisation djihadiste affiliée à al-Qaida. Fin octobre, une cinquantaine de djihadistes ont été éliminés. Le 6 novembre, une dizaine de membres du RVIM ont été débusqués et neutralisés, et 2 d’entre eux ont été faits prisonniers. Le 13 novembre, c’est le très influent chef militaire du RVIM Bah ag Moussa qui a été éliminé, au terme d’une opération française rondement menée. En parallèle, l’Etat Français est parvenu à obtenir le 8 octobre la libération de plusieurs otages dont Sophie Pétronin, otage française détenue depuis près de 4 ans. Cela s’est produit en échange de la remise en liberté de plus d’une centaine de prisonniers.

Vers un engagement européen

Ce n’est pas tout : comme l’a expliqué le chef d’état-major des armées, le général Lecointre, nous sommes en train de faire comprendre à nos partenaires que le Sahel n’était pas un sujet franco-français mais européen. Avec le lancement de la Task Force Takuba en juillet dernier, la France veut inciter ses partenaires européens à accroître leur engagement au Sahel. Cette unité est placée sous le commandement de l’opération Barkhane et elle opère principalement dans la région malienne du Liptako.

Contre toute attente, l’Estonie s’avère être notre meilleur partenaire européen dans la région, comme l’a résumé Emmanuel Macron. Une centaine de soldats estoniens et français de Takuba ont effectué leur première mission le mois dernier, et seront prochainement rejoints par l’arrivée d’une soixantaine de soldats tchèques et plus de 200 soldats suédois avant janvier 2021. Des forces italiennes et grecques renforceront également le contingent. Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pourrons esquisser une culture stratégique européenne. Par ailleurs, une telle évolution des forces en présence est à même d’atténuer les critiques locales concernant la présence française dans la région. La France veut stabiliser la région non pas uniquement pour son propre intérêt, mais bien celui du Mali et de l’Europe.

Cependant, la situation demeure très instable. Les équilibres politiques changent depuis le putsch du mois d’août qui a renversé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Le pouvoir de transition est assuré par des militaires maliens, et la poursuite du travail conjoint avec les forces de Barkhane s’est retrouvée relativement enlisée. En face, l’ennemi reste tenace et continue à se mouvoir : l’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a trouvé un successeur à Abdelmalek Droukdel, tué le 3 juin dernier, un vétéran algérien au nom d’Abou Oubaïda. Nous avons également dû déplorer la perte de deux soldats français le 6 septembre.

Sabine Thillaye salue le courage et la détermination de nos militaires français et européens dans cette difficile mission et le travail précis et continu de l’état-major en vue d’une stabilisation de la région.

Publié le 10/12/2020
Sabine THILLAYE