Présidente de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée Nationale
Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées
Députée d'Indre-et-Loire

29 Déc

Bilan de la Présidence Allemande au Conseil de l’Union européenne

Catégories : Commission des Affaires Européennes

Le 16 décembre dernier, Sabine Thillaye s’est rendue à Berlin, pour assister à une séance plénière du Bundestag, en présence d’Angela Merkel, puis à une réunion de la commission des affaires européennes. A cette occasion, elle est revenue pour la télévision allemande sur le bilan de la Présidence du Conseil de l’Union européenne, exercée par l’Allemagne dans un contexte totalement inédit.

Lutte contre la COVID-19

D’abord, bien entendu sur la lutte contre la pandémie. Nous avons constaté, lors de la « première vague », que la coordination européenne n’était pas suffisante. Si les réflexes nationaux ont pu prévaloir à un moment nous avançons désormais ensemble et sur la base d’une concertation régulière. A titre d’exemple, suite à l’annonce de la propagation de la nouvelle souche du COVID 19 au Royaume-Uni, les ambassadeurs européens se sont rapidement réunis à Bruxelles pour organiser une réponse coordonnée. Il y a quelques mois c’était loin d’être un automatisme et nous devons saluer cette nouvelle habitude de travail !

L’adoption du cadre financier pluriannuel 2021-2027

Ensuite la présidence allemande a œuvré pour assurer un budget à la hauteur de nos ambitions, qui nous rassemble, sans pour autant renier nos valeurs. Le Conseil européen du 10 et 11 décembre aura été, en cela, décisif, et nous devons à la présidence allemande d’avoir permis des discussions continues sur ce sujet difficile. L’Union européenne disposera d’un budget global de 1 800 milliards d’euros, associant le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 et un effort de relance extraordinaire connu sous le nom de Next Generation EU (#NGEU) qui comprend 750 milliards d’euros.

Le conditionnement de ce nouveau budget au respect de l’état de droit est également un véritable saut qualitatif, aussi important que le crédit solidaire qui vient le financer ! La France et l’Allemagne sont pleinement engagées pour que l’Union devienne véritablement une communauté politique, qui ne stigmatise personne mais qui est claire sur ses valeurs.

Sabine Thillaye se félicite du chemin parcouru à cet égard. Selon elle, « qu’il fallait une sorte de changement de paradigme dans cette situation de crise sanitaire. Nous sommes très heureux que notre partenaire allemand ait pu réaliser ce changement, ce qui n’était certainement pas facile. »

D’autres accords importants ont été trouvés sous présidence allemande du Conseil. Les ministres se sont notamment mis d’accord sur une position commune concernant la #PAC, ce que nous attendions depuis de nombreux mois pour nos agriculteurs, mais aussi sur la future « loi européenne sur le climat », qui doit être un instrument ambitieux au profit de l’objectif de neutralité carbone.

Sur le plan international

De plus, la présidence allemande s’est déroulée dans un contexte international bouleversé, avec des troubles en Biélorussie, la déstabilisation du Liban, l’escalade militaire en Méditerranée orientale ou encore la guerre dans le Caucase entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Le Ministre Heiko Maas a été très proactif pour que l’Union devienne un véritable acteur international, et nous devons absolument continuer sur cette voie.

Il faut donc mentionner les efforts de l’Allemagne pour l’objectif d’une défense européenne et l’élaboration d’une « boussole stratégique », mise en avant par la Ministre Annegret Kramp-Karrenbauer, ne doit pas être abandonnée. Cette boussole doit donner une orientation pour les actions futures de l’Union dans le domaine de la sécurité et de la défense. L’Union européenne a en effet besoin d’une doctrine claire en matière stratégique pour faire face aux menaces qui se présenteront à l’avenir.

Si Sabine Thillaye salue l’ensemble du travail effectué par le partenaire allemand, elle émet néanmoins des regrets sur la question de la politique migratoire. « Plusieurs propositions sont sur la table. Par exemple, les uns pourraient accueillir plus de réfugiés tandis que les autres pourraient apporter davantage d’aides financières. Tout cela reste encore flou et on aurait préféré d’avoir un peu plus d’impulsions. »

Dans ce contexte si particulier, il est clair que la présidence allemande n’a pas ménagé ses efforts. Mais le travail n’est pas terminé. Le Portugal a décidé d’orienter son mandat sur l’Europe sociale, une priorité qui trouve un écho particulier face percussions économiques et sociales encore insoupçonnées de la crise que nous traversons. Le 11 janvier, les Présidents des commissions des Affaires européennes se réuniront autour de la Présidence portugaise pour discuter de son action à venir pour les six prochains mois.

Retrouvez l’intégralité de l’interview en allemand ici.

Publié le 29/12/2020
Sabine THILLAYE