Présidente de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée Nationale
Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées
Députée d'Indre-et-Loire

18 Mar

Europe urgence, Europe espoir – Jour 1

Catégories : Commission des Affaires Européennes

Hier a eu lieu la première journée du colloque organisée par la commission des Affaires européennes. Une journée de débats et de réflexions articulée autour de cinq tables rondes.

1 – L’Europe est-elle géopolitiquement marginalisée

Notre grand témoin, Josep Borrell, vice-président de la Commission européenne, Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a été clair : « nous avons les moyens de ne pas être géopolitiquement marginalisés ».

Pour nous mobiliser efficacement, il nous faut une vision commune. L’autonomie stratégique n’a pas le même écho dans tous les États, d’où la nécessité du dialogue interparlementaire. Josep Borrell nous a d’ailleurs rappelé le rôle des parlements nationaux dans la politique étrangère européenne. Je suis convaincue qu’impliquer la représentation nationale dans les débats, c’est s’assurer de la solidité, cohérence et du caractère démocratique de la voix sur la scène internationale.

2 – L’universalité du modèle européen appartient-elle au passé ?

Nous parlons souvent d’Union européenne mais pas assez d’Europe : la force de notre projet est de ne pas nier nos vingt-sept cultures mais de faire de nos différences, des complémentarités.

Selon Pascal Lamy, président émérite de l’institut Jacques Delors, ancien Commissaire européen pour le commerce, l’intégration économique ne suffit pas pour arriver à une intégration politique. Créer une identité européenne est essentielle pour développer une conscience politique commune au sein de l’UE.

Identité européenne ou construction d’une «culture commune» pour Dominique Schnapper : il faut toujours aller vers l’autre, dialoguer, débattre, se découvrir et apprendre à travailler ensemble. Je crois qu’être européen c’est avoir conscience de l’autre.

Le modèle européen c’est celui de protéger la particularité de chacun. Les fondements communs comme l’état de droit permettent aux européens de faire vivre nos valeurs communes à leur manière !

3 – Défendre l’Europe ? Les impasses du pacifisme, les limites de l’Altlantisme

Durant cette table ronde, nous avons abordé le concept d’autonomie stratégique qui anime les débats européens. Nous avons rassemblé les points de vue européens, allemands, français, techniques, opérationnels pour traduire la diversité des visions.

Claude-France Arnould, ancienne directrice de l’Agence européenne de défense, a souligné que l’autonomie stratégique européenne et l’appartenance à l’OTAN ne sont pas d’ailleurs une contradiction : « l’OTAN a été créée pour que les Européens développent leurs propres capacités de défense ».

Nicole Gnesotto, professeure au Conservatoire national des arts et métiers est revenue sur « qu’est ce qu’être européen en défense ? ». Une question qui traduit l’urgence de s’accorder sur nos priorités. Le « pourquoi » qui sera entériné dans la boussole stratégique est un pré-requis pour améliorer le « comment » opérationnel.

À la fin de cette table ronde, le constat était dressé : le concept de défense européenne ne va pas de soi, d’autant plus pour nos amis allemands. C’est à nous de nous demander, et maintenant que faisons-nous ?

4 – Refuser l’effondrement démographique : entre politique familiale et politique migratoire

Nous tenions à évoquer ce sujet, trop souvent laissé de coté, qui influe pourtant directement sur l’orientation de nos politiques publiques. On s’interroge régulièrement sur ce que fait l’Europe, pourquoi, comment ? Il faut aussi comprendre qui fait l’Europe pour répondre aux besoins.

5 – Faire la course scientifique et technologique en tête dans la perspective de la transition écologique

Quand on pense à nos compétences spatiales, l’UE ne doit pas hésiter à mettre en avant son excellence et nous, nous devons lui donner les moyens de la maintenir. Et notre excellence n’est pas que technologique, elle se trouve aussi dans nos ressources humaines, notamment française.

Publié le 18/03/2021
Sabine THILLAYE