Présidente de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée Nationale
Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées
Députée d'Indre-et-Loire

12 Mai

Table-ronde sur la politique industrielle

Catégories : Commission des Affaires Européennes

La Commission des Affaires européennes organise cet après-midi une table ronde sur la politique industrielle européenne. Six semaines après la présentation du rapport d’information sur ce sujet de mes collègues Patrice Anato et Michel Herbillon et une semaine après la publication d’une nouvelle communication de la Commission européenne sur la nouvelle politique industrielle européenne, nous auditionnerons plusieurs experts sur les mesures nécessaires en la matière dans la perspective d’une plus grande autonomie stratégique de l’industrie de l’UE.

La discussion de cet après-midi s’appuie sur le constat que la politique industrielle n’a pas connu de grandes avancées depuis la communication de la Commission européenne du 10 mars 2020. Ainsi, la nouvelle communication du 5 mai 2021 laisse entendre que la Commission n’envisage pas de changer de cap en faveur d’une Europe industrielle puissante, mais qu’elle compte, bien au contraire, continuer à promouvoir une Europe « ouverte » qui s’appuie sur le principe du libre-échange. Cette priorité se traduit par la notion d’une « autonomie stratégique ouverte » et l’abandon d’une politique industrielle qui participe à une vision stratégique.

Désormais, la priorité de la Commission européenne est la correction des dépendances de certains secteurs économiques. Dans ce cadre, un rapport de la Commission a constaté que les secteurs des matières primaires, des technologies de pointe et des produits pharmaceutiques sont particulièrement dépendants. La Chine représente aujourd’hui plus de la moitié de la dépendance de l’Union. Pour répondre à cette dépendance, la Commission a annoncé plusieurs alliances industrielles qui doivent rendre l’industrie européenne plus compétitive dans les secteurs mentionnés. Elle hésite toutefois à créer de nouveaux projets importants d’intérêt européen commun, des projets qui permettent de construire des « champions industriels européens ».

Dans son ensemble, la nouvelle communication de la Commission européenne confirme les conclusions du rapport Anato-Herbillon : la Commission peine à traduire ses objectifs de transition écologique et numérique par des projets concrets. La politique industrielle de l’Union européenne continue à s’appuyer sur la compétitivité du marché intérieur et évite une stratégie qui vise à renforcer l’industrie européenne à l’aide d’un certain isolationnisme. Ce constat invite à la discussion et notre table ronde s’interrogera principalement comment on peut transformer la nécessité de rendre notre industrie plus indépendante et plus verte en actes concrets.

Pendant notre réunion, nous avons eu le plaisir d’accueillir notre collègue allemand Christian Petry, député SPD du Bundestag qui travaille sur le sujet côté allemand.

Publié le 12/05/2021
Sabine THILLAYE