Présidente de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée Nationale
Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées
Députée d'Indre-et-Loire

24 Mar

La boussole stratégique : un cap pour la défense européenne

Catégories : Commission Défense et forces armées

Lors du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’Union européenne ont adopté le jeudi 24 mars « la Boussole stratégique pour la sécurité et la défense, pour une UE qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts et contribue à la paix et à la sécurité internationale »

Fruit d’une réflexion commencée en 2020 sous présidence allemande du Conseil de l’Union européenne, l’exercice stratégique, dit de “boussole stratégique”, a donné lieu à un travail intense des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que du Service européen pour l’action extérieure et du Haut représentant Josep Borrell.

Cette réflexion commune a abouti sur le premier Livre blanc de la défense européenne qui prend la forme d’un plan de travail d’ici à 2030 en vue d’une vision géopolitique et de capacités militaires renforcées.

Le Président Emmanuel Macron a rappelé lors du sommet du 25 mars combien l’environnement proche est devenu “plus volatil et dangereux”. Cette boussole a été préparée largement avant la guerre en Ukraine mais celle-ci vient confirmer beaucoup des intuitions déjà présentes.

La boussole stratégique permettra d’abord d’intervenir ensemble de manière plus efficace, plus rapide et plus cohérente sur différents théâtres, parfois par groupes d’États membres volontaires.

Ensuite, l’objectif est de développer l’investissement collectif dans la défense, en particulier dans les matériels de pointe que nous produisons en Europe, et c’est ce qui a été réitéré durant le sommet de Versailles avec un mandat donné à la Commission et une volonté de continuer à avancer, renforcer nos investissements communs dans le Fonds européen de défense et l’ensemble de nos leviers pour permettre de développer nos propres outils capacitaires et réduire notre dépendance, y compris parfois à certains alliés.

Le Président de la République rappelle que “nous devons construire justement cette autonomie stratégique, développer donc de nouveaux outils pour que l’Europe puisse se défendre dans les espaces stratégiques contestés – l’espace, la haute mer ou encore le cyber – et veiller à ce que le renforcement de notre défense puisse continuer à se dérouler en coordination avec nos alliés et nos partenaires”. 

En somme, le défi consiste à développer une culture commune militaire, c’est ensuite investir davantage dans la défense pour pouvoir faire deux choses principalement : avoir des capacités plus autonomes et réussir à bâtir justement les innovations dont nous avons besoin pour nos armées. 

C’est une avancée pour l’Europe de la défense qui sera complétée dans quelques semaines par l’analyse que la Commission européenne livrera sur les besoins capacitaires stratégiques de l’Europe.

Publié le 24/03/2022
Sabine THILLAYE