Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes
Catégories : Activité Parlementaire
Chaque année, le débat sur le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne constitue l’un des trop rares moments où les questions européennes sont véritablement évoquées dans notre hémicycle.
Une hausse qui n’est pas une dérive
Pour 2026, la contribution de la France au budget européen s’élève à 28,781 milliards d’euros. Oui, cette contribution augmente, mais disons-le clairement : cette hausse n’est pas une dérive. C’est le résultat d’un rattrapage normal après plusieurs années de sous-exécution des programmes européens et de la montée en puissance des nouvelles priorités décidées ensemble : le soutien à l’Ukraine, la défense européenne… Autrement dit, nous payons parce que l’Europe agit.
Un monde qui change, une Europe qui protège
Dans mon intervention, j’ai souhaité replacer ce débat dans son contexte géopolitique. Nous changeons de monde : une puissance nucléaire a attaqué son voisin européen, le terrorisme continue de nous menacer – le jour du débat marquait d’ailleurs le dixième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015 -, notre sécurité économique est fragilisée par les géants mondiaux, et nos chaînes d’approvisionnement peuvent être coupées du jour au lendemain.
Face à cela, l’Union européenne n’est pas un luxe, c’est notre assurance-vie.
La vraie question : payer moins pour renoncer à quoi ?
J’entends ceux qui disent que nous payons trop à Bruxelles. Mais ce discours, c’est l’arme de ceux qui confondent dépense et investissement. À ceux qui réclament de payer moins, je pose une autre question : payer moins, c’est renoncer à quoi ? Aux aides agricoles qui soutiennent nos territoires et garantissent le revenu de 260 000 exploitations ? Aux financements pour nos entreprises innovantes ? Rappelons-le : en 2024, la France a été le premier bénéficiaire du budget européen, devant l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.
Oui, certains États conservent encore des rabais hérités d’un autre temps. Le moment est venu d’y apporter des corrections et de doter l’Union de ressources propres véritables, pour moins faire peser son budget sur les contributions nationales.
La vraie question n’est pas : combien cela nous coûte ? Combien cela nous rapporte ? Ce raisonnement n’est pas viable tant les bénéfices ne sont pas toujours chiffrables.
La vraie question est : voulons-nous encore décider du monde dans lequel nous vivons ?
Si la France veut continuer à peser sur la scène mondiale, elle doit le faire à 450 millions de citoyens, pas seulement à 68. Certes, l’Union n’est pas parfaite, comme toute construction humaine. Mais elle oppose la force du droit à la loi du plus fort.
C’est dans cet esprit que le groupe Démocrate a voté en faveur de ce prélèvement, qui est bien plus qu’une ligne budgétaire technique : c’est notre meilleure garantie de liberté, de sécurité et de puissance dans un monde de rivalités.