Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes
Catégories : Activité Parlementaire
Du 13 au 15 février, je me suis rendue à Munich pour participer à la 62ᵉ édition de la Munich Security Conference. Ce rendez-vous annuel réunit chaque année dirigeants, ministres, parlementaires et experts du monde entier pour débattre des grands enjeux géopolitiques. Cette édition s’est tenue dans un contexte particulièrement tendu.
J’ai mesuré, une fois de plus, combien le monde change vite et combien l’Europe doit trouver sa juste place.
Les débats ont été francs, parfois rugueux, toujours révélateurs d’un monde qui se transforme plus vite que nos certitudes. On a parlé de wrecking-ball politics, cette politique du bulldozer qui détruit plutôt qu’elle ne réforme.
Pour ma part, ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité de mon engagement au sein de l’APFA et du Groupe d’Amitié franco-allemand. Comme je le dis souvent à ceux qui suivent ces travaux depuis un moment, je suis attachée à la diplomatie parlementaire, qui revêt une importance particulière dans les moments de tension géopolitique que nous traversons. Il est essentiel que nous, parlementaires, nous saisissions pleinement de ces sujets pour répondre aux interrogations et aux inquiétudes de nos concitoyens.
Face à ce constat, deux voix européennes m’ont particulièrement frappée, et elles ne se contredisent pas, elles se complètent. Le président Macron a appelé l’Europe à ne pas douter d’elle-même, à assumer ce qu’elle est : un espace de liberté, d’innovation et d’État de droit. Face aux critiques répétées de Washington, il a choisi la fierté plutôt que la déférence. De son côté, le chancelier Merz a réaffirmé la nécessité de préserver le lien transatlantique tout en reconnaissant lucidement qu’un fossé culturel s’était creusé entre l’Europe et les États-Unis.
Ce débat est sain. Oui, nous devons renforcer notre autonomie. Oui, nous devons préserver nos alliances. L’enjeu n’est pas de choisir entre l’un et l’autre, mais de tenir les deux ensemble, avec exigence. L’enjeu central, tel que je l’ai perçu tout au long de ces journées, est de construire une Europe capable de décider pour elle-même, sans jamais renoncer à ses principes. Ce n’est pas un repli sur soi. C’est une ambition collective.
Dans un monde plus brutal que jamais, l’Europe ne doit ni s’effacer, ni s’isoler. Elle doit tenir sa ligne.