Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes
Catégories : Commission Défense et forces armées
Le séminaire annuel de l’Observatoire armée de Terre 2040, organisé à l’École militaire avec la FMES, était consacré à une question déterminante : quelles énergies permettront de conduire le combat aéroterrestre à l’horizon 2040 ? L’Observatoire a précisément pour mission d’éclairer les choix stratégiques futurs de l’armée de Terre et de nourrir l’innovation.
Cette question pourrait sembler technique. Elle est, en réalité, profondément politique. Une armée dépendante d’approvisionnements trop fragiles, de composants produits à l’extérieur de l’Europe ou de réseaux énergétiques vulnérables voit sa liberté d’action réduite. Sur un théâtre d’opérations, l’énergie conditionne la mobilité, les communications, la surveillance, la protection des forces et la continuité du commandement.
Nous devons donc penser ensemble la diversification des sources d’énergie, la sobriété opérationnelle, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, les nouvelles batteries, l’hybridation des équipements et leur interopérabilité avec nos alliés. Il ne s’agit pas d’opposer modernisation écologique et efficacité militaire. Réduire certaines consommations, alléger la logistique et accroître l’autonomie des unités peut aussi renforcer leur efficacité et leur discrétion.
Cette réflexion concerne directement notre industrie. Les innovations développées pour la défense irriguent souvent les secteurs civils, tandis que les technologies civiles peuvent accélérer la transformation de nos armées. La France et l’Europe doivent conserver la maîtrise de ces technologies critiques et soutenir les entreprises capables de les concevoir et de les produire.
Il n’existe pas d’autonomie opérationnelle durable sans autonomie énergétique.