Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes
Catégories : Commission Défense et forces armées
Le 26 août, à Roland-Garros, j’ai assisté au discours d’ouverture de Patrick Martin, président du Medef, puis à la séquence consacrée à la défense, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France. Ce rendez-vous de rentrée permet de confronter les priorités publiques aux réalités des entreprises. La capacité de notre économie à soutenir durablement notre sécurité mérite une attention particulière.
Dans son discours, Patrick Martin a notamment insisté sur les difficultés liées aux changements de règles et sur la nécessité de soutenir l’investissement. Ces préoccupations appellent un examen concret. Pour une entreprise, acheter une machine ou former un salarié suppose de pouvoir se projeter au-delà de quelques mois.
Au Parlement, nous devons tenir compte de ce temps long. La qualité d’une règle se mesure aussi à sa compréhension et à son application. Simplifier les démarches, rendre les décisions prévisibles et évaluer leurs effets doivent contribuer à faciliter les projets, avec des exigences claires en matière de responsabilité sociale et environnementale.
La séquence « Sommes-nous prêts à affronter la guerre ? », réunissant notamment le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, et Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, posait la question de notre préparation militaire et industrielle. Elle fait directement écho à mon travail parlementaire sur la défense.
Pour disposer d’équipements au moment où nos forces en ont besoin, il faut anticiper leur production et leur maintenance. Cela implique des commandes suffisamment lisibles, des compétences disponibles et des approvisionnements fiables. Les PME et les entreprises de taille intermédiaire doivent trouver leur place dans cet effort, avec un accès au financement adapté à leurs cycles d’investissement.
Je souhaite que nous examinions aussi leur accès aux marchés et les délais de paiement. Une ambition industrielle se construit avec les sous-traitants autant qu’avec les grands groupes. Les difficultés rencontrées à un maillon de la chaîne peuvent retarder l’ensemble d’une livraison.
Cette réflexion concerne la Touraine. La formation, les savoir-faire industriels et la logistique sont autant de domaines dans lesquels les entreprises de nos territoires doivent pouvoir identifier les besoins et les possibilités de développement. Cela demande des échanges suivis avec les acteurs économiques et les organismes de formation.
À l’échelle européenne, une meilleure coordination des besoins et des programmes doit donner davantage de visibilité aux industriels et réduire nos dépendances. Le rôle du Parlement est d’accompagner cette ambition tout en contrôlant l’utilisation des moyens publics. Je souhaite que cet effort se traduise par des capacités disponibles pour nos armées et des perspectives durables pour les entreprises et leurs salariés.