Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes
Catégories : Travail en Circonscription
Prendre au sérieux les préoccupations des jeunes, condamner sans ambiguïté les violences et réunir les acteurs capables d’apporter des réponses : c’est ainsi que nous retrouverons la voie de l’apaisement.
Les mobilisations lycéennes en Touraine interrogent notre capacité à entendre les préoccupations des jeunes et à y apporter des réponses. Les conditions dans lesquelles ils étudient méritent d’être discutées. Les tensions autour des établissements appellent également un rappel clair des règles communes.
Je condamne avec la plus grande fermeté les violences, les intimidations et les dégradations. Aucun désaccord ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des membres des forces de l’ordre. Défendre l’école ne peut pas consister à détruire les lieux où l’on apprend ni à empêcher les autres d’étudier.
Cette fermeté ne doit pas conduire à confondre les jeunes qui expriment des préoccupations avec ceux qui commettent des violences. Nous devons protéger chacun, faire respecter les règles et permettre à la parole de trouver sa place autrement que dans l’affrontement. L’écoute et l’autorité ne s’opposent pas : elles sont toutes deux nécessaires.
Des réalités rurales qui doivent être entendues
Dans ma circonscription, en grande partie rurale, les préoccupations des lycéens prennent une dimension particulière. Les lycées étant concentrés dans la métropole de Tours, de nombreux jeunes doivent effectuer des trajets d’une heure ou plus pour rejoindre leur établissement. Il est légitime qu’ils attendent que les cours prévus soient assurés. Lorsqu’un professeur est absent, ces élèves peuvent se retrouver bloqués toute une partie de la journée, sans possibilité de rentrer facilement chez eux. L’égalité d’accès à l’éducation suppose aussi de prendre en compte les contraintes de mobilité propres à nos territoires ruraux et d’y apporter des réponses adaptées.
Pour apporter des réponses, encore faut-il identifier les bons interlocuteurs. Les bâtiments des lycées publics relèvent des régions, qui assurent notamment leur construction, leur rénovation, leur entretien et leur équipement. Les difficultés concernant l’état des locaux doivent donc être examinées avec le conseil régional.
L’État conserve, pour sa part, ses responsabilités sur les programmes, les diplômes et la gestion des enseignants. Un problème de remplacement et un problème de bâtiment n’appellent pas la même intervention, même si, pour un élève, tous deux affectent son quotidien.
Rappeler cette répartition ne consiste pas à renvoyer la responsabilité d’une institution à l’autre. Il s’agit, au contraire, de faire en sorte que chacune assume la sienne et que les réponses puissent se construire ensemble. Les élèves et leurs familles ne doivent pas être laissés face à la complexité de notre organisation administrative.
Je souhaite qu’un espace de dialogue se construise avec la Région Centre-Val de Loire, les autorités académiques, les chefs d’établissement et les représentants des élèves, des parents et des personnels.
Ce dialogue doit partir des difficultés concrètes : quels besoins sont identifiés dans chaque établissement ? Quelles interventions sont urgentes ? Quels moyens peuvent être mobilisés et selon quel calendrier ? Les jeunes doivent pouvoir comprendre ce qui peut être corrigé rapidement, ce qui nécessite un investissement plus important et comment les engagements seront suivis.
Comme députée, mon rôle est de faire remonter les difficultés, de faciliter les échanges entre les interlocuteurs compétents et de porter au Parlement les questions qui relèvent de la responsabilité nationale. Il n’est ni de promettre à la place des autres, ni de laisser chacun se renvoyer les demandes sans réponse.
Nous devons retrouver la voie de l’apaisement. Cela exige l’arrêt des violences, mais aussi une volonté réelle d’écouter, d’expliquer et d’agir. Notre responsabilité collective est de permettre aux jeunes d’apprendre dans la sérénité et de leur montrer que le dialogue démocratique peut produire des résultats.