Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes

15 Mai

ACTUALISATION DE LA LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE 2024‑2030 : ACCÉLÉRER LE RÉARMEMENT FACE AU DURCISSEMENT DES MENACES

Catégories : Commission Défense et forces armées

Le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024‑2030 prévoit 36 milliards d’euros supplémentaires entre 2026 et 2030, dont 3,5 milliards dès cette année. Il ne s’agit pas d’une nouvelle loi mais d’une accélération de la trajectoire adoptée en 2023. L’article 8 de la LPM initiale prévoyait qu’une actualisation devait intervenir avant 2027 ; les bouleversements géopolitiques et les enseignements des conflits récents justifient d’agir dès maintenant .

Les conflits contemporains montrent que la consommation de munitions reste très élevée, que les drones et systèmes autonomes modifient la physionomie des combats et que la capacité à frapper en profondeur est déterminante. Pour faire face, il faut conjuguer masse et technologie et adapter notre économie de défense en réduisant les cycles d’innovation et de production.

Dans ce contexte, l’actualisation poursuit trois objectifs :

  • accélérer la reconstitution des stocks de munitions et de matériels ;
  • accélérer les acquisitions pour équiper plus rapidement nos forces ;
  • adapter les équipements des armées aux évolutions des conflits et intégrer les retours d’expérience de l’Ukraine.

Au‑delà de l’effort financier, le texte comporte un important volet juridique. Il étend la possibilité d’imposer à certains opérateurs économiques la constitution de stocks stratégiques et de prioriser les commandes passées par les armées. Il renforce les moyens du Service de santé des armées pour faire face aux menaces biotechnologiques et crée un nouvel état d’alerte et de sécurité nationale. Il renouvelle également la journée de mobilisation et instaure un nouveau service national afin de resserrer le lien entre la Nation et ses armées.

J’ai déposé et fait adopter trois amendements majeurs :

  • faire de la robotique une priorité stratégique afin de structurer une filière industrielle ;
  • acquérir 250 wagons ferroviaires polyvalents interarmées et renforcer les flottes de poids lourds tactiques et de camions‑citernes ;
  • élargir le champ du cadre dérogatoire à la commande publique en cas d’état d’alerte de sécurité nationale, sur la base des travaux que je mène sur la mobilité stratégique en Europe et dans les territoires ultramarins.

Adopté en commission de la défense nationale et des forces armées le 22 avril, ce texte est désormais débattu en séance publique. Il doit permettre à la France de produire plus vite, d’innover davantage et de durer face à des menaces toujours plus complexes.

Publié le 15/05/2026
Sabine THILLAYE