Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes
Catégories : Commission Défense et forces armées
Avec mon collègue corapporteur, nous avons présenté le 10 juin, en commission de la Défense et des Forces armées, le rapport de la mission d’information sur la mobilité stratégique en Europe et dans les territoires ultramarins. Ce travail part d’un constat simple : Sans capacité à déplacer rapidement nos forces, nos équipements et nos soutiens logistiques, aucune stratégie de défense ne peut être pleinement efficace.
La mobilité stratégique repose sur nos voies ferrées, nos routes, nos ports, nos aéroports, nos ponts, mais également sur des autorisations administratives, douanières et diplomatiques. Une frontière franchie trop lentement, une infrastructure inadaptée ou une procédure différente dans chaque État membre peut compromettre la rapidité d’un déploiement.
Nos travaux mettent en évidence plusieurs défis : l’adaptation des infrastructures, la simplification des procédures administratives, le renforcement de la coordination entre alliés européens et partenaires de l’OTAN, ainsi que la nécessité d’investissements durables sur les principaux axes stratégiques de transport.
Cette réflexion s’inscrit également dans une dynamique européenne. L’Union européenne travaille actuellement à renforcer sa mobilité militaire afin de faciliter les mouvements de forces sur le continent, d’améliorer la résilience des infrastructures critiques et de mieux préparer nos capacités de réaction face aux crises.
Nous proposons donc de mieux intégrer les opérateurs civils à la planification et aux exercices, d’identifier les infrastructures duales prioritaires au sein des corridors stratégiques identifiés par l’OTAN et l’UE afin d’y prioriser les investissements, et de poursuivre la simplification des procédures européennes. J’ai notamment défendu le développement d’un formulaire numérique unique afin d’éviter qu’un mouvement militaire ne soit ralenti par une succession de formalités nationales et je partage avec mon collègue, la nécessité de revenir à la cible initiale de 50 A400M qui doit constituer un objectif à moyen terme.
Ces investissements ne servent pas uniquement la défense. Une voie ferrée renforcée, un port résilient, une route mieux entretenue ou un réseau numérique sécurisé améliorent également la réponse aux catastrophes naturelles, la circulation économique et la continuité des services essentiels.
Je tiens à souligner que l’Europe dispose déjà de réussites concrètes en matière de mobilité stratégique : L’European Air Transport Command (EATC), fruit d’une coopération étroite entre plusieurs pays européens dont la France et l’Allemagne, démontre que la mutualisation de capacités stratégiques permet de gagner en efficacité, en réactivité et en autonomie.
Enfin, nos outre-mer doivent pleinement entrer dans cette stratégie. Ils donnent à la France une présence mondiale, mais leurs distances et leurs contraintes logistiques exigent des investissements spécifiques et une meilleure prise en compte dans les financements européens.
Un équipement que nous ne pouvons pas déplacer à temps n’est pas encore une capacité militaire crédible.