Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes
Catégories : Commission des Affaires Européennes
Une délégation du groupe d’amitié Allemagne-France du Bundestag, conduite par son président M. Roland THEIS, dans le cadre des travaux du groupe d’amitié France-Allemagne, est venue à l’Assemblée nationale pour une journée de travail et d’échange. Cette rencontre s’inscrit dans le travail régulier entre nos deux groupes d’amitié. Le Bundestag rassemble, au sein de son groupe franco-allemand, des représentants de plusieurs sensibilités politiques.
Au programme, diverses rencontres notamment au Secrétariat Général des Affaires Européennes (SGAE), au Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, avec la Direction général des entreprises, ainsi que divers journalistes qui étaient présents pour couvrir la séquence. La visite s’est prolongée par un dîner organisé par la Konrad-Adenauer-Stiftung,
Nous avons abordé plusieurs priorités essentielles pour nos deux pays et l’avenir de l’Union européenne : la compétitivité, la politique industrielle, la défense européenne, le numérique, la préférence européenne et la protection de nos intérêts économiques.
Aujourd’hui, les Européens perdent tous les jours un milliard d’euros en déficit commercial. Cette situation n’est pas tenable dans un monde où les échanges internationaux sont de plus en plus tendus et instrumentalisés à des fins de domination. Sur ce sujet, il existe une assez forte convergence franco-allemande malgré quelques points à renforcer en termes de préférence européenne et d’imposition de droits anti-dumping à l’encontre de la Chine. Nos deux pays sont également d’accord pour aller vers une véritable simplification pour les entreprises, en particulier concernant les règlements européens relatifs à l’intelligence artificielle et aux technologies de rupture.
De même, sur la défense, les positions sont proches sans être identiques qu’il s’agisse de la consolidation du pilier européen de l’OTAN ou de l’achat de matériel européen. Il était également important pour nous d’évoquer les projets franco-allemands en matière de défense qui ne se résument pas au SCAF et auxquels nous ne devons pas limiter notre ambition commune.
Enfin, avec nos interlocuteurs, nous avons également abordé les différences de culture économique entre la France et l’Allemagne. La France est souvent perçue outre-Rhin comme plus interventionniste et plus protectrice de ses intérêts industriels. L’Allemagne, de son côté, s’est construite autour d’un modèle économique très ouvert, fortement dépendant de ses exportations. Ces différences existent et ne doivent pas être niées. Elles doivent, au contraire, nous permettre d’établir un diagnostic commun et de faire émerger de véritables réponses aux problématiques européennes.
Plus que jamais, la relation franco-allemande est un moteur pour l’Union européenne, et il est donc nécessaire que nous puissions porter des positions communes fortes pour une Europe plus souveraine et plus compétitive.
Dans un contexte où la désinformation, les ingérences et la polarisation fragilisent les démocraties européennes, il est également essentiel de conserver des espaces où responsables politiques et journalistes peuvent échanger librement, dans le respect de leurs rôles respectifs.
Une amitié politique n’est solide que lorsqu’elle supporte la franchise et produit du travail commun.