Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes

10 Sep

Transmettre la mémoire de la Touraine

Catégories : Travail en Circonscription

La fin de l’été fait revenir en Touraine des dates qui ont profondément marqué notre histoire. À Langeais, les événements des 6 et 7 août 1944 rappellent le sort des personnes emmenées dans les trains de déportation et les évasions. À Maillé, le 25 août, nous nous souvenons des 124 habitants massacrés. Le 1er septembre marque la Libération de Tours.

Quatre-vingt-deux ans plus tard, ces histoires doivent conserver leur singularité. Derrière les dates, il y a des personnes, des familles et des parcours dont les archives et les témoignages permettent de retrouver la trace.

Donner un visage à notre histoire

Un nom sur un monument, une photographie ou un récit peuvent rapprocher un événement qui semblait lointain. Le travail historique aide à comprendre les circonstances, à situer les témoignages et à établir les faits. Cette exigence donne de la solidité à la transmission.

Je veux remercier les communes, les associations mémorielles, les porte-drapeaux, les enseignants, les familles et les bénévoles qui poursuivent ce travail. Préparer une exposition, accompagner une classe ou conserver des archives demande une attention qui se prolonge bien au-delà des cérémonies.

Leur engagement permet de rendre cette histoire accessible. Il nous appartient de le soutenir et de faire connaître les lieux où chacun peut apprendre, consulter des documents et approfondir sa compréhension des événements.

Laisser aux jeunes la place de questionner

Les nouvelles générations découvrent souvent la guerre sans avoir connu de témoins directs. Nous devons leur donner les moyens d’interroger les récits et d’en comprendre le contexte. Leurs questions nous invitent parfois à préciser ce que nous pensions évident.

Les lieux de mémoire de Touraine établissent un lien avec leur quotidien. Ils montrent que l’histoire a traversé des rues, des gares et des villages familiers. Cette proximité peut ouvrir une réflexion sur la déportation, les violences contre les civils, la résistance et la libération.

Apprendre à identifier l’origine d’un document et à confronter les sources participe aussi de cette démarche. Ces habitudes permettent de comprendre comment se construit le savoir historique et de reconnaître les manipulations.

Prolonger le temps des commémorations

Une cérémonie garde sa force lorsqu’elle donne envie de poursuivre la découverte par une visite, une lecture ou une conversation en famille. Le recueillement et la connaissance se complètent pour préserver une mémoire vivante.

La mémoire de Langeais, de Maillé et de la Libération de Tours nous appartient collectivement. La transmettre avec exactitude et humanité aide à mesurer ce que représentent la liberté, la dignité et la protection des personnes. Ces principes demandent une attention constante dans notre vie démocratique.

Publié le 10/09/2026
Sabine THILLAYE