Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes

18 Sep

Le résultat en Saxe-Anhalt nous oblige à regarder la défiance

Catégories : Commission des Affaires Européennes

Le résultat des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt m’inquiète profondément. Les résultats provisoires font apparaître une AfD à 43,8 % des voix, loin devant la CDU, à 17,2 %. Comme Française et Allemande, je regarde ce vote avec une attention particulière. Il interroge la confiance démocratique bien au-delà de ce Land.

Un résultat électoral ne livre pas l’explication de tous les choix individuels. Les préoccupations de sécurité, d’immigration, de pouvoir d’achat ou de transformation économique peuvent peser différemment selon les personnes. Leur rôle doit être étudié avec précision.

Comprendre les ressorts de la défiance

L’histoire de l’Allemagne réunifiée et les transformations vécues dans l’est du pays font partie des dimensions à examiner. Elles recouvrent des expériences différentes selon les générations et les territoires. Il faut éviter de ramener une population à un récit unique.

La relation aux institutions mérite également notre attention. Les citoyens comprennent-ils les décisions ? Peuvent-ils identifier les responsabilités ? Les difficultés qu’ils signalent trouvent-elles une réponse ? Ces questions doivent guider le travail des responsables publics, entre les élections autant qu’au moment des scrutins.

Écouter demande ensuite de répondre sur le fond. Il faut préciser les moyens possibles, les délais et les limites d’une solution. Une promesse trop générale prépare une nouvelle déception lorsque les résultats tardent.

Défendre nos principes et rendre compte de nos choix

L’État de droit, les libertés et la dignité humaine organisent la protection de chacun. Les défendre suppose d’en expliquer la portée, y compris lorsque le débat devient conflictuel. Nous devons pouvoir entendre les préoccupations sans renoncer à ces garanties.

La confiance demande aussi de reconnaître ce qui n’a pas fonctionné. L’évaluation des politiques publiques doit permettre de corriger les décisions et de rendre les résultats compréhensibles. Dire ce qui reste difficile fait partie de cette responsabilité.

Cette réflexion concerne la France, même si nos contextes diffèrent. Une démarche incompréhensible, une réponse qui n’arrive pas ou une règle qui change peuvent occuper une place importante dans le quotidien. Le travail parlementaire doit considérer ces expériences et les effets cumulés des décisions.

Entretenir le dialogue franco-allemand

Les échanges entre collectivités, établissements, entreprises et citoyens permettent de mieux comprendre les évolutions de nos deux pays. Ils donnent une profondeur au dialogue politique et aident à éviter les lectures trop rapides.

Dans mon mandat, je souhaite continuer à expliquer mes votes, à entendre les désaccords et à relier les décisions aux réalités de la Touraine. L’avenir européen a besoin de cette relation suivie avec les citoyens. Le scrutin en Saxe-Anhalt nous oblige à prendre au sérieux le travail nécessaire pour la reconstruire là où elle s’est fragilisée.

Publié le 18/09/2026
Sabine THILLAYE