Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes

06 Oct

Budgets 2027 : redresser les comptes, sans perdre le sens des priorités

Catégories : Activité Parlementaire

Préparés en septembre et présentés le 1er octobre, les budgets de l’État et de la Sécurité sociale ouvrent un débat décisif. Mon exigence : des efforts justes et des décisions dont on puisse mesurer l’utilité.

Deux textes sont examinés. Le projet de loi de finances, le PLF, concerne notamment les ressources et les dépenses de l’État. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le PLFSS, porte sur l’équilibre de notre protection sociale. Derrière ces sigles se trouvent des choix sur les soins, les retraites, les services publics, les entreprises et les moyens de nos communes.

Le Gouvernement vise un déficit public ramené à 5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027 et inscrit 43 milliards d’euros de mesures nouvelles de redressement dans les deux projets. Il propose notamment de contenir la progression des dépenses sociales et de geler, hors défense, les crédits des ministères en euros courants. Ces orientations doivent être discutées : un même effort peut avoir des conséquences très différentes selon la manière dont il est réparti.

Avec Les Démocrates, je considère que nous avons une responsabilité envers les générations qui nous suivent. Nous ne pouvons ni leur transmettre une dette sans cesse alourdie, ni renoncer aux investissements dont dépendra leur avenir : la charge de la dette, estimée à environ 65 milliards d’euros pour 2026, constitue aujourd’hui l’un des premiers postes de dépense du budget de l’État. Aggravée par des taux d’emprunt au plus haut depuis 2009, elle pourrait, selon la Cour des comptes, dépasser 100 milliards d’euros avant 2030. Mais une économie n’est pas une réussite si elle déplace simplement la charge vers les familles, les collectivités ou des professionnels déjà sous tension.

Je défendrai d’abord une exigence d’exemplarité de l’État et le retour à l’équilibre de la sécurité sociale. Avant de demander davantage aux Français, il faut regarder comment sont organisées les politiques publiques, identifier les doublons, évaluer les dispositifs et simplifier ce qui fait perdre du temps sans améliorer le service rendu. Dépenser moins ne dispense pas de décider mieux.

Je serai également attentive à la répartition de l’effort. Préserver le pouvoir d’achat des retraités, notamment par le maintien de l’indexation des pensions, fait partie des orientations que je souhaite défendre. En matière de protection sociale, la lutte contre les abus doit cibler les situations avérées, sans fragiliser les personnes qui ont légitimement besoin d’être accompagnées.

La reprise d’activité mérite le même souci d’efficacité. Parmi les pistes que je travaille figure un meilleur encadrement du cumul entre le RSA et une activité indépendante : soutenir le démarrage, avec un accompagnement et un horizon limité dans le temps, plutôt que laisser s’installer une précarité durable. Il s’agit d’une proposition en préparation, et non d’une mesure déjà votée.

Enfin, nos entreprises et nos communes ont besoin de visibilité. Une règle qui change sans cesse peut retarder un investissement, une embauche ou un projet local. L’instabilité budgétaire pénalise nos entreprises, freinant directement la croissance et le rétablissement de nos finances publiques. La stabilité et la simplicité doivent donc faire partie de l’évaluation d’un budget, au même titre que ses équilibres financiers.

Avant le passage de la loi budgétaire en hémicycle, la commission des finances a rejeté sa copie amendée, qui aggravait le déficit en augmentant la dépense de plus de 8 milliards d’euros.

En séance publique, je jugerai les mesures sur leur contenu et leurs effets concrets. Les annonces du Gouvernement constituent un point de départ : elles ne sont ni un texte définitivement adopté, ni un résultat déjà obtenu.

Publié le 06/10/2026
Sabine THILLAYE