Députée d'Indre-et-Loire
Membre de la commission Affaires étrangères
Membre de la commission des Affaires européennes

19 Sep

Europe | Être capables de décider et d’agir ensemble

Catégories : Commission des Affaires Européennes

Après le discours sur l’état de l’Union : passer des intentions aux résultats

Le 16 septembre, Ursula von der Leyen a présenté son discours sur l’état de l’Union. Compétitivité, énergie, sécurité et réduction des dépendances stratégiques y occupent une place centrale. Ces orientations doivent désormais être appréciées à l’aune de leur mise en œuvre.

Lors de son intervention, quelques jours avant, à la REF 2026 organisée par le MEDEF, Ursula von der Leyen avait fait un constat lucide sur la situation de l’Union européenne et sur le conformisme dans lequel nous étions installés, en déclarant : « Pendant longtemps, le modèle économique européen s’est appuyé sur quelques évidences. Une énergie importée et bon marché. Un commerce mondial ouvert. Un accès croissant au marché chinois. Une protection américaine stratégique. Et une avance technologique occidentale. Ces évidences ont disparu. »

Ces évidences disparues laissent place à des défis qu’aucun État ne peut relever seul : l’accès aux matières premières critiques, le changement climatique ou encore les attaques hybrides de la Russie. Y répondre suppose une Europe plus indépendante. Il ne s’agit pas de se replier. Il s’agit de pouvoir choisir nos partenaires, défendre nos intérêts et coopérer sans subir nos dépendances. La montée des extrêmes et l’effacement de la nuance dans le débat public rendent toutefois plus difficile la construction de réponses communes.

Pour moi, une Europe plus forte n’est pas une Europe plus lointaine. C’est une Europe qui permet à une entreprise tourangelle de produire dans des conditions compétitives, qui soutient notre capacité à innover et qui donne davantage de poids à nos choix face aux grandes puissances. Le marché unique est un atout économique pour nos entreprises, mais il reste inachevé dans beaucoup de domaines, ce qui crée beaucoup d’incompréhension. 

Quatre priorités guideront mon attention : produire davantage en Europe, avec des règles plus simples et des entreprises qui ont les moyens d’investir et d’innover ; sécuriser nos approvisionnements en énergie et en matières premières ; protéger nos infrastructures et renforcer nos capacités de défense ; investir dans les compétences, la recherche et les technologies dont dépendra notre avenir. Nous devons aussi être capables de dire ce qui ne fonctionne pas et de le corriger.

L’attachement à l’Europe ne doit pas conduire à tout approuver. Il oblige, au contraire, à demander des résultats. Je veux que nos concitoyens puissent comprendre ce que l’action européenne change pour eux, et sur quoi il reste nécessaire de progresser.

Publié le 19/09/2026
Sabine THILLAYE